Abstract

Throughout the early modern period, French law forbade unsanctioned marriages between minors, a crime classified as “seduction.” Men who wed without the consent of their bride's parents earned the designation “seducers” and faced the potential of capital punishment. By the mid-eighteenth century, notorious seduction cases assumed outsize significance because of radical changes in legal culture. From the 1760s until the eve of the Revolution, defense lawyers wielded the legal brief as a powerful instrument of public opinion, criticizing parental control over marriage and championing free choice in its place. These men transformed seduction cases into referendums on paternal power—and, by extension, the power of the monarchy itself. While historians have long examined politically charged critiques of paternal power during this period, this article explores these critiques' unique implications for unwed women. It illustrates how celebrated lawyers mobilized language of Enlightenment to carve out discursive space in which young women exercised autonomy vis-à-vis their parents. Nevertheless, it also argues that these same legal discourses constrained female happiness to the realm of marriage to sooth anxieties about the threat that disobedient daughters posed to family, social, and gender order.

La loi de l'Ancien Régime interdisait le mariage clandestin entre mineurs, et un soi-disant séducteur qui s'est marié sans l'autorisation paternelle de la mariée risquait la peine de mort. A partir de 1760, les dossiers de séduction devant le tribunal devenaient de plus en plus significatifs à cause de la transformation des pratiques judiciaires. Utilisant le mémoire judiciaire pour influencer l'opinion publique, les avocats qui défendaient les séducteurs mobilisaient leurs plaidoyers pour débattre le pouvoir paternel et le libre choix du conjoint. Bien que les historien(nes) aient examiné cette critique du pouvoir paternel dans un sens général, il s'agit ici d'interroger les conséquences particulières pour les filles non mariées. Empruntant le vocabulaire des Lumières dans leurs mémoires, les avocats ont créé un espace discursif dans lequel les jeunes filles pouvaient revendiquer leur autonomie vis-à-vis de leurs parents. Toutefois, ces mêmes stratégies juridiques avaient aussi l'effet de restreindre toute notion de bonheur féminin au domaine du mariage afin de rassurer ceux qui craignaient le désordre familial et social entraîné par des filles insoumises.

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