Abstract

In 1793, the National Convention passed two hallmarks of Jacobin legislation: sweeping price controls called the General Maximum and a ban on women's political clubs. At the center of both issues were factional clashes among the Montagnards, Girondins, and Enragés, on the one hand, and Parisian market women called the Dames des Halles and the leading women's club called the Société des Citoyennes Républicaines Révolutionnaires, on the other. Montagnard deputies pointed to marketplace brawls between the Dames and the club women to argue that women were irrational and had no place in formal politics. Consequently, the dominant historiographical narrative frames their ban as codifying Rousseauian gender norms and ideologically stunting women's citizenship at the outset of French democracy. However, this article analyzes the mechanics of the Maximum to argue that the ban on women's clubs emerged from contests over price controls, market regulation, and the economic dimensions of citizenship itself.

En 1793, la Convention nationale vota deux projets phares de la législation jacobine : la loi du Maximum général sur le contrôle des prix et l'interdiction des clubs politiques féminins. Ces projets se déroulèrent pendant les affrontements entre d'une part les Montagnards, les Girondins et les Enragés, et d'autre part les marchandes parisiennes appelées « Dames des halles » et la Société des citoyennes républicaines révolutionnaires, qui fut alors le principal club féminin. En octobre, les Montagnards dénoncèrent des rixes entre les Dames des halles et les Citoyennes républicaines pour soutenir que les femmes étaient irrationnelles et ne devaient pas participer à la vie politique. Par la suite, l'historiographie considéra que l'interdiction des clubs féminins transcrivit dans la loi les normes de genre rousseauiennes qui avaient cours dans la société et stipulaient que la citoyenneté ne pouvait s'exercer que dans le cadre des institutions politiques, d'où les femmes devaient être exclues. Cependant, cet article analyse le fonctionnement de la loi du Maximum pour soutenir que l'interdiction des clubs féminins fut moins une transcription de normes de genre écartant les femmes de la vie politique, qu'elle n'émergea face aux tensions qui existèrent entre les marchandes et les consommateurs, porteurs de visions contradictoires sur les droits et les devoirs économiques des citoyens. Dès lors, la participation à la vie économique peut être analysée comme un enjeu politique qui révèle des conceptions différentes de la citoyenneté et de la participation à la démocratie.

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