Précis

Cet article met en évidence les liens entre le Mai français et les mouvements politiques et sociaux intervenus en Guinée, au Congo, au Sénégal ou à Madagascar. Il s'intéresse à la nature commune de ces différents mouvements : rôle de la jeunesse, alliance des étudiants avec les ouvriers et le « petit peuple », en interrogeant une même situation postcoloniale. Il s'attache à décrire les connexions ainsi que les communautés d'habitus entre des mondes, africain et européen, en devenir : échanges de pratiques et savoirs en matière de contestation et de répression, échanges universitaires, culture et lectures communes, et ainsi de suite. Il s'agit ici de penser les circulations des « années 68 » non seulement du Nord vers le Sud mais aussi du Sud vers le Nord, et d'intégrer Mai dans une configuration plus générale : celle des espoirs suscités et/ou déçus par la fin d'un empire.

This article focuses on connections between France's May ’68 and political and social movements in Francophone Africa: Guinea, the Congo, Senegal, and Madagascar. As participants challenged their common postcolonial situation, these movements converged around the importance of youth and alliances between students, workers, and “the masses.” The article describes the emergence of French and African activist communities defined by a common habitus constituted by shared techniques of protest and responses to repression, academic exchanges, common interests, and reading. The purpose of the article is to examine the circulation of ideas and people through the “long 1968”—from South to North and vice versa—and to situate May ’68 within the broad range of expectations that the end of empire both raised and often disappointed.

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