Précis

Jusqu'ici, la falsification d'identité sous l'Ancien Régime n'a guère été abordée qu'à travers la biographie des imposteurs célèbres ou l'étude des progrès de l'identification, ce qui revient à envisager la question à partir de cas particuliers ou du point de vue de l'autorité publique. Cet article se propose, au contraire, d'offrir un panorama aussi complet que possible de la falsification d'identité, en partant de la réalité du phénomène, c'est-à-dire des motivations et des méthodes des fraudeurs. Ce panorama, qui oblige à embrasser des aspects étonnamment variés de la vie sociale, s'accompagne de deux développements indispensables : l'un, préalable, pour définir rigoureusement la falsification d'identité ; l'autre, postérieur, pour analyser la législation pénale dans ce domaine. Il ressort de cette étude qu'il serait réducteur d'envisager exclusivement la falsification d'identité comme une catégorie de crime, plus ou moins nourrie par les progrès de l'identification : par la diversité de ses manifestations sociales, cette fraude dépasse à la fois la question de la criminalité et celle de la construction de l'Etat.

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