The career and writings of the philosophe Emilie Du Châtelet (1706–49) have recently been accorded their proper significance in the historical narratives of eighteenth-century philosophy and science. However, despite the best efforts of historians and biographers, the contrary image of the marquise as Voltaire's promiscuous mistress and a dabbler in physics and mathematics remains seductively popular, and Nancy Mitford's 1957 Voltaire in Love and Elisabeth Badinter's Emilie, Emilie: L'ambition féminine au XVIIIe siècle of 1983 continue to be recommended as the most authoritative accounts of Du Châtelet's life. This article gives a brief historiography of writings on the marquise into the twentieth century and then considers Mitford's and Badinter's sexualized portrayals. It also speculates on the reasons for the continuing popularity of these outdated, skewed interpretations.

La carrière et les écrits de la « philosophe » Emilie Du Châtelet (1706–49) ont récemment trouvé la place qui leur est due dans l'histoire de la philosophie et des sciences au dix-huitième siècle. Cependant, malgré tous les efforts des historiens et des biographes, la représentation de la marquise en maîtresse volage de Voltaire et en dilettante qui se piquait de physique et de mathématiques reste toujours aussi séduisante et répandue. La biographie de Nancy Mitford, Voltaire amoureux, qui date de 1957, et celle d'Elisabeth Badinter, Emilie, Emilie: L'ambition féminine au XVIIIe siècle, de 1983, continuent à être considérées comme les ouvrages biographiques les plus fiables. Notre essai présente une courte historiographie des écrits sur la marquise au vingtième siècle et remet en question les portraits passablement érotiques de Mitford et de Badinter. Nous réfléchissons également aux raisons pour lesquelles ces interprétations infidèles et désuètes continuent à être aussi populaires.

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