Cet article étudie les enjeux du débat sur le fascisme en France dans les années trente et sa dimension méthodologique. Il soulignera d’abord que la notion d’un regard « anglo-saxon » empêche de voir à quel point les divergences d’interprétations entre totalitaristes ou marxisantes ont été enracinées dans les champs historiographiques anglophones comme francophones. En outre, le débat sur le fascisme en France n’est pas sans rappeler les luttes politiques des années trente. Pourtant, des deux côtés de la barricade on s’accorde à dire qu’il faut établir la bonne définition du fascisme afin de catégoriser les mouvements et les régimes. L’article porte sur les difficultés de la « logique classificatoire », et pour terminer, il suggérera qu’abandonner la logique classificatoire ne rend pas impossible une approche scientifique aussi bien du fascisme que des ligues en France.

This article asks what is at stake in the debate concerning fascism in France in the 1930s along with its methodological dimension. It will underline first of all that the notion of an “Anglo-Saxon” view of the question obscures the extent to which the divergences between totalitarian and Marxist interpretations are rooted in both English- and France-language historiographies of fascism. Furthermore, the debate about fascism in France shares assumptions with the conflict between the Popular Front and the leagues in the 1930s. However, on both sides of the historiographical barricade, it was agreed that it was necessary to establish a correct definition of fascism in order to categorise movements and regimes. The article deals with the difficulties of the “classificatory logic,” and to conclude, it argues that abandoning the classificatory method does not render historical treatment of fascism impossible.

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