The French colony of Pondichéry, India, was roiled by religious struggles in the eighteenth century. In 1701-15 colonial French officials repeatedly attempted to restrict the practice of local religion in the town. Local laborers, artisans, and merchants responded with four different work stoppages and threats of abandoning the colony. Again and again local residents emerged from these conflicts with the upper hand, as the strikes resulted in near-complete French capitulation and a removal of the religious restrictions. This study explains these events by demonstrating that the administrators of the French trading company, the Compagnie des Indes, and French Jesuit missionaries could not agree on how to address the workers’ demands to practice their religion in the Catholic-ruled town. Fundamental conflicts between company officials and missionaries about the priorities of colonial rule, coupled with a mobile local labor system, allowed native actors a surprising measure of control over the development of this Indian Ocean colony and posed a significant challenge to French authority.

Au cours du dix-huitième siècle, la colonie française de Pondichéry en Inde fut secouée par des luttes religieuses. Entre 1701 et 1715, les autorités coloniales françaises essayèrent à plusieurs reprises de restreindre la pratique de la religion locale dans la ville. Les ouvriers, artisans et commerçants indiens réagirent alors en suspendant à quatre reprises toute activité et en menaçant d’abandonner la colonie. A chaque fois, les résidents locaux eurent gain de cause, les grèves entraînant une capitulation presque complète des autorités françaises et la levée des restrictions religieuses. La présente étude explique ces événements en montrant que les administrateurs de la Compagnie des Indes et les jésuites français installés à Pondichéry ne parvinrent pas à s’entendre sur la manière de répondre aux demandes des travailleurs de pratiquer leur religion dans cette ville catholique. Ce conflit de fond entre missionnaires et représentants officiels de la Compagnie sur les priorités du pouvoir colonial, ajouté à une organisation mobile de la main d’oeuvre autochtone, conféra aux acteurs locaux une marge étonnante de contrôle sur le développement de cette colonie de l’océan Indien, et constitua un défi de taille pour l’autorité française.

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