The evidence analyzed in this article shows that the common understanding of the development of female monasticism in the period between ca. 1060 and ca. 1120 is too reliant on the notion of a drastic transition from one model of monastic foundation and patronage to another. With reference to the northern archdiocese of Reims, I argue that “old” and “new” models of monastic patronage were not incompatible and that the continuing involvement of the highest secular and religious elites in female monasticism reflects their ability to make the best use of religious and social change. Thus this article shows that, contrary to what some scholars have suggested, nunneries in this region were hardly immune to the profound changes that affected Western society around the year 1100.

Les données analysées dans la présente étude permettent de mettre en question la perception communément admise à propos du développement du monachisme féminin au cours de la période qui s’étend de 1060 à 1120 environ. Cette perception s’avère en effet tributaire d’une vision trop drastique de la transition qui s’est opérée entre deux modèles successifs de fondation et de patronage monastiques. Dans le cas de l’archidiocèse Nord de Reims, je soutiens que les modèles dits « ancien » et « nouveau » de patronage monastique n’étaient nullement incompatibles, et que l’engagement persistant des élites séculières et religieuses dans le monachisme féminin reflète leur capacité à exploiter au mieux les transformations religieuses et sociales. Par conséquent, cet article permet de démontrer que, contrairement à ce que de nombreux chercheurs ont considéré jusqu’à présent, les couvents de religieuses dans cette région n’étaient guère maintenus à l’écart des changements profonds intervenus dans la société occidentale aux alentours de l’an 1100.

You do not currently have access to this content.