This article argues that, under the sway of new sentimental ideals and norms of sociability, eighteenth-century men of letters forged a new normative ideal that celebrated intellectual companionate and collaborative marriage. Rather than focusing on homosocial friendship as sufficient proof of their sociability and virtue, as had thinkers from earlier eras, they emphasized their loving family lives as proof of those traits. Moreover, such marriages were not merely represented as affectionate but also as productive. Husbands began to depict their wives as useful and valued assistants, thereby suggesting that intellectual life could be enhanced by the experience of domestic affect. Thus, in Enlightenment France, family life and philosophy became more than just compatible: they became mutually beneficial.

Cet article avance l’argument que, influencés par de nouveaux idéaux sentimentaux et de nouvelles normes sociales, les penseurs des Lumières développèrent un nouvel idéal louant une conception collaborative du mariage, basée sur la complicité intellectuelle. A la place du modèle traditionnel de l’amitié entre hommes comme preuve de leur sociabilité et de leur vertu, les philosophes proposent comme garant de ces dispositions l’amour conjugal et familial. En outre, ces mariages n’étaient pas seulement représentés comme affectueux; ils étaient également productifs. Les maris commencèrent à décrire leurs femmes comme des assistantes utiles et appréciées, suggérant par là que la vie intellectuelle pouvait être renforcée par l’expérience des liens affectifs familiaux. Ainsi, dans la France des Lumières, la vie familiale et la vie intellectuelle deviennent plus que compatibles: elles se renforcent et se nourrissent mutuellement.

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