Les approches actuelles du fonctionnement pratique de la monarchie suggèrent le net affaiblissement de la collaboration sociale entre élites provinciales et Etat royal durant la seconde moitié du règne de Louis XIV. Par l’étude à l’échelle du royaume de la création d’une nouvelle charge dans les élections, l’article démontre le poids à la fois ressenti et réel de la politique vénale intensive dans des compagnies de second rang négligées par l’historiographie et propose une lecture affinée du modèle de l’économie politique de l’office de David Bien. L’expansion officière engendre une conflictualité fréquente et protéiforme au sein des corps qui entraîne l’intervention autoritaire et récurrente du roi. Elle suscite de nombreuses plaintes corporatives, révélatrices des coûts de l’intermédiation financière mais incapables de procurer aux élections des avantages favorables lors des négociations. Maltraitées par un pouvoir monarchique indifférent, elles incarnent l’archétype des compagnies pénalisées par le renforcement concomitant de l’Etat de finance.

Current approaches to the sociopolitical workings of the monarchy suggest that the collaboration between the provincial elites and the royal state weakened during the latter half of the reign of Louis XIV. By studying the burdens associated with élections, this article examines the effects of the extreme venal policy on second-rank companies, a subject largely neglected in historiographical works. Refining David Bien’s model of the political economy of the offices, this article demonstrates that the expansion of offices created recurring, multifaceted conflict within the corps; this, in turn, led to the regular intervention of an authoritarian king. The actions of the monarchy incited numerous collective complaints that underscored the cost of the state’s financial intermediation but were ultimately unable to bring about desired ends during negotiations. The élections embody the typical plight of such companies, mistreated by a royal power indifferent to their demands and hurt by the policies of the fiscal state.

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