Since Emile Zola’s “J’accuse,” the Dreyfus affair has often been conceptualized as a struggle between truth and raison d’état. In this interpretation, the antidreyfusards voluntarily cede any claim to the concept of truth in favor of arguments based in the exigencies of national security. This article suggests, however, that antidreyfusard rhetoric and imagery also employed a concept of truth: a subjective truth that depended on personal credibility as established through opposition to imagined enemies of France. The caricaturist Caran d’Ache represented this relational truth in scenes of antidreyfusard women identifying and rejecting dreyfusard or Jewish men. These scenes allowed the artist to emphasize the personal and conditional nature of this sort of truth by showing ambiguous sexualized or aggressive women acquiring credibility through their hostile interactions with dreyfusard or Jewish adversaries, thereby permitting the representation of a truth based on human interaction and relationships.

Depuis le « J’accuse » d’Emile Zola, on a souvent affirmé que l’affaire Dreyfus symbolisait la lutte entre la vérité et la « raison d’état ». Dans cette interprétation, les antidreyfusards rejettent l’idée même de la vérité pour formuler des arguments qui privilégient la sécurité de l’état et de l’armée. Cet article soutient qu’au lieu d’abandonner complètement le concept de vérité, les antidreyfusards ont aussi employé dans leurs discours une vérité subjective basée sur le caractère et la crédibilité de l’individu. Le dessinateur Caran d’Ache a évoqué cette vérité subjective dans des scènes où des anti-dreyfusards repoussent des adversaires dreyfusards et juifs. L’artiste ainsi soulignait la nature conditionnelle de cette idée de vérité en représentant des femmes sexualisées ou agressives qui deviennent honnêtes en démasquant des ennemis de la France. Cette stratégie artistique permet la visualisation d’une vérité subjective située dans les relations humaines.

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