Jean-Baptiste Say is remembered as the father of French economic liberalism and as the origin of a long line of French writers who opposed colonization on the basis of free-trade arguments. This article argues that because Say's commentators have primarily focused on his economic writings, they have misinterpreted his overall thought on colonies and on the extra-European world. Far from always defending the political independence of extra-European societies, Say put forward the same sort of argument in favor of European domination as his friend James Mill. By investigating Say's early writings and lesser-known texts, this article suggests that Say's colonial writings need to be reassessed in light of the specific intellectual and political context of the late eighteenth century. In doing so it also offers new insights into the intellectual origins of so-called French imperial liberalism.

On présente souvent Jean-Baptiste Say comme un défenseur français des doctrines libérales de l'économie politique anglaise. On lui attribue également l'origine d'une tradition française d'opposition au colonialisme fondé sur des arguments économiques de libre-échange. Cet article suggère que les commentateurs de Say, parce qu'ils se sont principalement intéressés à ses écrits économiques, n'ont pas saisi la portée générale de sa pensée coloniale. Say n'a pas toujours défendu l'indépendance politique des sociétés non européennes ; au contraire, il a parfois mis en avant les mêmes arguments que son ami James Mill en faveur de la domination européenne dans le monde. A travers une analyse des écrits de jeunesse de Say, ainsi que de certains textes jusqu'ici négligés, cet article considère les écrits coloniaux de Say à la lumière du contexte intellectuel et politique de la fin du dix-huitième siècle. Ce faisant, il suggère de nouvelles perspectives pour l'étude des origines de « l'impérialisme libéral » français.

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